les joies de l'Esprit

Publié le par Inigo

Aucune chose créée ne peut procurer à l'âme une joie qui égale les joies du Saint Esprit : cette très pure allégresse que Dieu répand dans le coeur de ceux qui, pour son amour, ont longtemps et beaucoup souffert.
Niets van het geschapene kan aan de ziel een vreugde geven gelijk aan de vreugde van de Heilige Geest: deze zeer pure vrolijkheid die God uitstort in het hart van hen die, uit liefde voor Hem, lange tijd en veel geleden hebben.
Nessuna cosa creata può procurare all'anima una gioia come quelle dello Spirito Santo: la purissima allegrezza che Dio effonde nel cuore di coloro che, per amor suo, hanno a lungo e molto sofferto.
Ninguna cosa creada puede procurar al alma una alegría que iguale las delicias del Espíritu Santo: este gozo que Dios infunde en el corazón de los que, por su amor, han sufrido mucho y largo tiempo.
Nichts Geschaffenes kann der Seele eine Freude geben, welche den Freuden des Heiligen Geistes gleichkäme: Diese reine Fröhlichkeit, die Gott in die Herzen derer gießt, die aus Liebe zu ihm lange Zeit und viel gelitten haben.
No created thing can give the soul a joy equal to the joy of the Holy Spirit: the purest bliss that God gives to the heart of those who, for the love of Him, have suffered much and at length.
Żadna rzecz nie może przekazać duszy radości, która równałaby radości Ducha Świętego, tej bardzo czystej radości, którą Bóg wlewa do serc tych, którzy długo i wiele wycierpieli dla Jego miłości.
没有受造物能给予灵魂如圣神之乐所能给予的那种喜悦:因为祂的爱,天主把最纯洁的喜乐赐给了久经众多痛苦的心灵。

Serions-nous ici en présence d'une apologie du masochisme ? La joie dans les souffrances... On imagine volontiers les pénitents de la Semaine Sainte se flagellant dans les rues des grandes villes espagnoles, un spectacle que connaissait Ignace et auquel il recommandait d'ailleurs à ses compagnons étudiants de ne pas trop participer. Non, Ignace a autre chose en vue. D'abord, il évoque ainsi sa propre expérience. Il parle de la joie de ceux « qui ont longtemps et beaucoup souffert », mais il précise : pour l'amour de Dieu. Il pense aux martyrs dont il lisait les actes dans Les fleurs des saints, un livre qui présida à sa conversion pendant sa convalescence à Loyola, en 1522. Il pense à la joie qui est le fruit de l'Esprit Saint, selon saint Paul (cf. Epître aux Galates, 5, 22), à la joie de l'apôtre endurant toutes sortes de persécutions pour ses frères (Epître aux Colossiens, 1, 24). Il comprend donc que la joie authentique est avant tout une grâce de Dieu, qu'on ne se donne pas à soi-même, qu'on ne se fabrique pas à coups de « paradis artificiels », ou pour simplement « réussir » sa vie. Elle est la conséquence d'une vie offerte par amour de Dieu. Alors, la souffrance peut trouver un sens. Elle est le lieu où Dieu se révèle en Jésus-Christ, souffrant sur la croix, « pour le salut des hommes ». Associé à la mission du Christ, celui qui souffre la persécution est aussi associé à la vie de Dieu, à la joie de Dieu qui sauve les hommes. C'est la joie du Christ ressucité, qui a traversé la mort pour nous entraîner à suite, auprès de son Père.

FRANCIOSI, p. 249, n. 11

Publié dans vie intérieure

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